L’atelier italien Spazio Qui en stage à l’Atelier Kitchen Print cet été
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J’ai eu le plaisir d’accueillir Sara Ricci et Cecilia Zanetti de l’atelier Spazio Qui. Elles sont venues depuis Vérone pour se former à la Kitchen lithographie auprès de moi. Nous avons abordé durant deux jours différentes techniques dont celles de la Kitchen lithographie sur feuille d’aluminium dessinée au feutre, au crayon litho, à la craie grasse et aussi nous avons abordé l’impression en plusieurs couleurs avec la réalisation d’une matrice par couleur.









INTERVIEW à venir








Malgré la chaleur, l’atelier-maison situé en rez-de-chaussée est resté à une température bien agréable pour travailler. Afin de parfaire leur découverte d’Épinal et de ses fameuses images, Sara et Cecilia ont aussi visité le musée de l’Image d’Épinal en fin d’après-midi.

INTERVIEW
Réponses de Sara Ricci, directrice de Spazio Qui et de Cecilia Zanetti, responsable d’atelier à Spazio Qui.
Émilie Aizier – Pouvez-vous présenter votre atelier ?
Sara- « Qui » signifie « ici » en italien ; le nom joue à la fois sur ce sens littéral et sur celui du quartier de Quinzano, à Vérone. J’ai ouvert ce lieu fin 2023 ; il s’agissait auparavant d’une ancienne mercerie. Mon objectif initial était de créer une communauté artistique axée sur l’illustration et l’artisanat, mais j’ai rapidement rencontré de nombreux artistes passionnés par l’estampe. Nous avons vite commencé à expérimenter diverses techniques d’impression et avons fini par acquérir une presse auprès d’un artiste local. Depuis, nous organisons des cours d’estampe, des ateliers et des expositions. J’ai moi-même une formation artistique, mais au sein de Spazio Qui, j’assure la coordination de la programmation et la direction artistique.
Cecilia- C’est vers la fin de mes études que je me suis tournée vers l’estampe expérimentale ; je crois qu’un de mes professeurs a évoqué la kitchen litho : j’en suis tombée amoureuse et j’ai consacré ma première série de Kitchen Litho à mon mémoire de fin d’études. J’ai accumulé une quantité incroyable d’essais, car personne n’était expert en la matière et j’ai essentiellement procédé par tâtonnements ! J’avais réussi à réaliser un tout petit tirage, mais je savais qu’il me fallait davantage d’encadrement si je voulais un jour maîtriser le procédé. C’est alors que j’ai découvert l’Atelier Kitchen Print, d’abord via votre chaîne YouTube, puis grâce à votre site web et à vos livres.
Émilie- Comment avez-vous vécu votre stage en Kitchen Litho avec moi à Épinal ?
Pour moi, l’estampe reste un univers relativement nouveau. Je l’ai étudiée sous un angle théorique durant ma formation, mais je n’aurais jamais imaginé pouvoir la pratiquer concrètement en dehors d’un atelier spécialisé. La lithographie m’a toujours particulièrement fascinée et, l’année dernière, Cecilia a proposé d’organiser un stage de « kitchen lithographie ». L’expérience a été formidable, et tous les participants ont été véritablement enthousiasmés par les possibilités offertes par cette technique. C’est Cecilia qui m’a fait découvrir votre atelier, en tant que pionnière de la lithographie-maison, et nous avons toutes deux été très captivées par cet aspect !
Émilie- Qu’est-ce que ce stage à l’Atelier Kitchen Print vous a apporté ?
Sara- En tant que débutante, ce stage m’a aidée à comprendre comment résoudre des problèmes spécifiques et à me familiariser avec certains des aléas techniques les plus courants du procédé. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir apprendre de mes erreurs et de comprendre comment les corriger de manière plus scientifique et systématique. J’ai également été ravie de découvrir le travail d’autres personnes, qu’il s’agisse de la biennale organisée par Émilie ou des projets réalisés par des artistes ayant suivi le stage auparavant.
Cecilia- J’étais très curieuse de vous rencontrer, en tant qu’inventrice du procédé. Je pense qu’il faut parfois faire ses valises et voyager un peu pour découvrir de nouveaux univers et de nouvelles approches ! Il m’a fallu quelques années pour trouver le bon moment pour venir, mais heureusement, Sara était tout aussi enthousiaste que moi ; nous avons donc fini par venir en France cet été. Je suis d’accord : l’aspect « résolution de problèmes » du stage était particulièrement intéressant. Ce n’était pas forcément intuitif — du moins pas pour moi — alors l’aide d’une experte a été un véritable soulagement et une étape nécessaire pour apprendre comment sauver littéralement sa matrice. L’approche personnalisée a donc été extrêmement utile.
Émilie- La lithographie est-elle généralement bien connue en Italie ? Comment est-elle perçue ?
Sara- D’après mon expérience, il existe en Italie des personnes passionnées par l’estampe, et plus particulièrement par la lithographie. Il y a aussi de magnifiques projets dans ce domaine, mais il est malheureusement très rare d’y être confronté — contrairement à d’autres techniques artistiques — si l’on ne fait pas la démarche de les chercher activement.
Cecilia- Je ne dirais pas que la lithographie est très connue en Italie, du moins pas sur le plan technique. Toutefois, on trouve des passionnés dans les académies et les musées, ainsi que dans des projets et des lieux très spécifiques, comme le soulignait Sara. Il n’est déjà pas facile de trouver des adeptes de la taille-douce ; la lithographie traditionnelle suit la même tendance (sans parler du fait qu’elle nécessite aussi une presse spécifique). Toutefois, lorsque j’ai eu l’occasion d’échanger sur la lithographie — ou la « lithographie de cuisine » — avec des artistes, des artisans et des passionnés, j’ai perçu une réelle curiosité. Il me semble donc essentiel de rendre ces outils accessibles pour susciter des vocations et permettre à cette technique de connaître un renouveau, adapté aux contraintes de temps et d’espace des artistes d’aujourd’hui.
Émilie- Que diriez-vous aux artistes qui hésitent à apprendre les techniques d’estampe directement auprès de professionnels, à la source ?
Sara- Je leur conseillerais de trouver un lieu où l’on peut observer et apprendre la théorie d’une technique (ce qui est aussi possible en ligne), mais où l’on peut aussi la pratiquer ! Lancez-vous, faites des erreurs (et espérons-en beaucoup !), corrigez-les, apprenez à connaître vos matériaux, leur réaction, la manière de les traiter et de les utiliser. J’ai ouvert Spazio Qui précisément pour faire de l’art un langage partagé ; il ne s’agit pas seulement d’un « bel objet accroché au mur », mais d’un moyen de mieux comprendre le monde et soi-même. J’ai lu quelque part que la créativité consiste à trouver des solutions là où d’autres voient des murs : l’estampe en est une parfaite illustration et peut assurément passionner de nombreux artistes.
Cecilia- Je comprends que cela demande un peu d’organisation, mais je pense qu’il est bon d’anticiper et de se lancer à un moment donné, car cela en vaut toujours la peine ! Choisissez votre « bataille » (je veux dire, votre technique !) et trouvez l’enseignant ou l’atelier qui vous plaît : vous progresserez très vite, ferez de nouvelles rencontres et partagerez des visions et des idées inédites. Les tutoriels et les réseaux sociaux sont utiles pour éveiller la curiosité ou trouver l’inspiration, je suis d’accord, mais rien ne remplace l’expérience en présentiel si l’on recherche un véritable épanouissement artistique et personnel.
Émilie- Si vous souhaitez ajouter du texte ou des commentaires, vous pouvez le faire ici :
Sara- Ce qui m’a le plus marquée durant cette expérience, c’est le sentiment que toi, Émilie, tu étais exactement là où tu devais être, au moment où tu devais y être : j’avais l’impression que ton travail revêtait une signification plus profonde et que tu ne le concevais pas seulement comme un « métier », mais véritablement comme une vocation, presque comme de l’art à part entière. Cela peut sembler évident, mais c’est quelque chose que l’on ne rencontre pas si souvent. Ce fut un réel plaisir de te rencontrer, de découvrir ta générosité et d’apprendre à tes côtés. Merci !
Cecilia- J’ai aussi adoré visiter les environs de la ville ainsi que le Musée de l’image à Épinal ! Ton énergie et ton hospitalité ont été précieuses : l’estampe, les visites, les lacs, les chats… nous avons trouvé tout ce que nous recherchions dans cette expérience. Merci encore pour ta patience et pour avoir partagé ton expertise unique avec nous !
Émilie- Merci pour votre venue, j’étais ravie de faire votre connaissance et de partager avec vous deux la Kitchen Litho et bien plus. Les mots me manquent, impossible de tout dire sur ce blog. On reste en contact !


Pour agrémenter les soirées d’été, nous avons profité d’une baignade dans le lac plus situé à 5 minutes d’Épinal et pris un bon moment de détente la veille du départ dans le jardin de l’atelier-maison.

Bonjour. Je suis tentée de faire l’expérience de la kitchen litho, à quand un prochain stage, sachant que je souhaite le faire sur plusieurs jours d’affilé ne résidant pas à proximité…
Merci pour votre réponse.
Véronique
Bonjour Véronique, je vous réponds aussi par email. Il n’y a pas de dates données à l’avance pour les stages. Vous pouvez me proposer une date ou deux qui vous arrangeraient à emilie.aizier@gmail.com et je vous indiquerai si je suis disponible et le prix. Il y a des possibilités de dormir sans frais dans la chambre d’amis. Les italiennes étaient restées à la maison durant leur séjour.