De la lithographie de Engelmann à la chromolitho diaphane Savon Le Chat

Catégorie : NEWS · (4) Commentaires · par 26 août 2020

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Les lithographies présentées dans cet article sont en quelque sorte le fruit du hasard car elles sont venues au grès de mes découvertes (et achats) en brocante cet été. De Engelmann au Savon Le chat, il n’y a qu’un pas… si on veut bien ! 😸

LITHOGRAHIE

J’ai trouvé une belle lithographie de Godefroy Engelmann, grand lithographe français (né en 1788 et décédé à Mulhouse en 1839) ayant appris la lithographie auprès d’Aloys Senefelder, inventeur de la lithographie. Engelmann est connu pour avoir a perfectionné les effets de l’aquatinte lithographique (ou lavis lithographique) en grainant finement la pierre et en frottant ensuite le crayon dessus.

Godefroy Engelmann http://fr.wikipedia.org/wiki/Godefroy_Engelmann

Lithographie originale dessinée sur pierre par Villeneuve, lithographiée par Engelmann, datant de 1824, de format 33×26 cm. Page 140, Titre « La Feuillée, Val D’Ajoux » (Val d’Ajol dans Les Vosges).

Cette lithographie semble faire partie d’un livre illustré présentant les hauts lieux touristiques de l’époque intitulé « Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, dirigés par le baron Taylor« .

Le Val d’Ajol est situé juste à côté de la ville thermale de Plombières-Les-Bains et il y avait une maison de convalescence à La Feuillée. À l’époque, tous ces endroits étaient très prisés par l’aristocratie qui y venait en cure. De mon côté, je connais le Val d’Ajol et la route à la vue impressionnante et sinueuse qui y mène (quand on vient par Plombières) car j’y ai séjourné régulièrement durant mon enfance. À savoir que les personnes répondant au nom de « Aizier » dans Les Vosges sont (au départ) originaires ce village.

Ce haut-lieu touristique d’époque a fait l’objet d’un livre d’Auguste Catelle, petit-neveu de Gresset « La Feuillée Dorothée au Val d’Ajol » (Lien ici) ainsi que de la composition d’une chanson à l’épinette des Vosges (Lien paroles, Lien vidéo). On raconte qu’il y aurait eu une dame s’appelant Dorothée qui y accueillait les voyageurs avec beaucoup de gentillesse et leur faisait découvrir un doux lait et les meilleurs produits du terroir local vosgien. Elle jouait aussi de l’épinette des Vosges. (site d’infos)

Le point de vue depuis La Feuillée existe toujours et il est maintenant aménagé avec des tables de pique-nique pour accueillir nos touristes contemporains de passage. Visible sur Googlemaps, on peut « comparer » le point de vue, 200 ans plus tard avec la lithographie d’Engelmann. https://www.google.com/maps

CHROMOLITHOGRAPHIE

Engelmann a déposé un brevet pour la chromolithographie qui consiste en l’impression superposée de couleurs pour former une image.

La lithographie a servi pour l’impression de paysages, d’affiches commerciales mais aussi d’emballages de produits et d’étiquettes. Ci-dessous, la lithographie « Savon Le Chat » de H. Laas, imprimeur lithographe (fin 18e début 19e siècle) basé à l’époque à Paris au 16, rue Pierre Levée. Il semble qu’on ne sache pas qui est l’auteur-illustrateur de cette image publicitaire de format 21 x 30 cm. Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923) a été un des plus grands artistes affichistes imprimé chez H. Laas.

« Bien avant l’invention du procédé lithographique par Aloys Senefelder, se posa la question de la couleur. Jacob Christoph Le Blon fut l’inventeur dès avant 1740 du principe de l’impression en quadrichromie, mais celui-ci passait par la gravure et l’encrage de différents cuivres que l’on devait caler de façon très précise. Senefelder lui-même a imprimé des lithographies en plusieurs couleurs, en utilisant plusieurs pierres, une pour chaque couleur souhaitée. D’autres tentèrent d’appliquer plusieurs couleurs sur la même pierre, avec des succès variables.

Le mérite d’Engelmann sur ses nombreux concurrents est d’avoir mis au point vers 1836 une méthode à la fois théorique : l’emploi des trois couleurs primaires, le cyan (bleu), le jaune et le magenta (rouge), auxquelles on ajoute le noir, pour obtenir toutes les teintes et les nuances possibles (ce qui constitue toujours le principe de l’impression en couleurs actuelle, ou quadrichromie), et pratique : la mise au point de presses lithographiques munies de systèmes élaborés pour obtenir un bon repérage des impressions successives. Habituellement, le papier était légèrement humidifié : Engelmann supprima cette obligation qui occasionnait des déformations, et donc de mauvais repérages. »

Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Chromolithographie

Je n’ai vu nullepart cette image sur internet. Une seule s’en rapproche (celle ci-contre) avec l’illustration d’un chat à l’effet réaliste datant de 1895. Les autres représentations par la suite dans les publicités « Le Chat » seront bien moins sauvages, d’aspect beaucoup plus mignon mais, à mon goût, moins fascinant.

Image « Demandez Le Chat » Source http://gallica.bnf.fr

VITRAUPHANIE (OU DIAPHANIE)

On voit sur la photo ci-dessous que l’image a été imprimée sur un papier transparent car elle était en fait destinée à être collée sur un carreau de fenêtre dans la boutique. L’envers de ce papier était sensible à l’eau. Il fallait humidifier le verre et appliquer ensuite l’image dessus. Les instructions de collage étaient imprimées sur un autre papier du même format que l’image.

Wikipédia semble indiquer qu’un des fils à Engelmann (Jean) serait l’inventeur de la diaphanie mais ils l’attribuent dans un autre article à un certain M. Levens. J’avoue ne pas savoir si c’est lui ou M. Levens…

J’ai utilisé une table lumineuse pour apprécier la transparence de l’image imprimée sur transparent et en voici le résultat, on remarque la vivacité du bleu et du rouge, le noir restant opaque.

« L’usage initial de la vitrauphanie a donc été la réalisation de «faux vitraux». De nombreux fabricants proposaient un grand nombre de modèles, qui furent surtout utilisés pour des appartements (des vestiges peuvent encore être vus sous forme, notamment, d’imitations de carreaux colorés) et relativement peu pour des églises. La maison Rosey faisait imprimer ses décors par Engelmann, l’inventeur de la chromolithographie, et par M. Levens, inventeur du procédé de la « diaphanie ». En 1857, on installa un vitrail « en chromo-transparence » dans une des chapelles de l’église Saint-Roch de Paris, qui fut retiré par l’administration municipale en 1861. » Source Wikipedia, article chromolithographie.

« Godefroy Engelmann revint alors à Mulhouse et fonda avec son fils Godefroy la Société Engelmann père et fils. Ses recherches techniques l’amenèrent à breveter début 1837 la chromolithographie perfectionnée ensuite par des pionniers tel que le lithographe autrichien Peter Fendi, et par son fils Jean, associé dans l’ancien établissement de Paris à Pierre Thierry. Jean inventera la diaphanie ou chromo-lithographie transparente, destinée à être collée sur verre, Jean mourra en 1875. » Source Wikipedia, article Engelmann.

Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitrauphanie

Le chat, un petit félin malin mascotte pour du savon de Marseille mais aussi pour mes éditions « Les manuels du Chat! » 😺ah

Bonne fin d’été à tous !



(4) comments

Valverde Alberto
3 mois ago · Répondre

Très intéressant article, et belle affiche, merci Émilie Aizier.

    Émilion
    3 mois ago · Répondre

    Avec plaisir Alberto 🙂 merci pour votre message

sylvie leandre
3 mois ago · Répondre

Merci pour ce passionnant article – amitiés

    Émilion
    3 mois ago · Répondre

    Bonjour Sylvie. Comment ça va ? Merci ! Amitiés

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